Le mal-être du veau de boucherie breton

La production bretonne de veau de boucherie connaît un nouveau trou d’air en 2022. Elle chute de 7 % par rapport à 2021, la plus forte régression depuis dix-huit ans. Si cette baisse n’est pas une surprise, l’ampleur de celle-ci est inquiétante.

Un déclin inexorable

Cette filière est en perte de vitesse depuis de nombreuses années comme le graphique ci-dessous l’illustre. En vingt ans, la production bretonne a été divisée par deux. Sur la même période, nos voisins des Pays de la Loire, deuxième région productrice de France, ont conservé un niveau stable aux alentours de 30 000 tonnes.

Source : Agreste – SAA

La fermeture de la restauration lors du Covid puis l’inflation du prix de l’aliment et de l’énergie ont ébranlé le secteur. Malgré tout, la rentabilité s’est améliorée en 2022 pour les intégrateurs grâce à des cotations ayant le vent en poupe. Cette contraction des volumes est donc plus due à une volonté de prudence de la part des intégrateurs ainsi qu’au manque d’éleveurs qui commence à se faire ressentir qu’à une forte baisse de la consommation.

Les chiffres de l’EdE Bretagne montrent qu’il ne reste plus que 370 élevages produisant plus de 50 veaux par an. Ils étaient encore 485 en 2019, avant le Covid. La plupart de ces ateliers produisent moins de 800 veaux par an mais les ateliers de grande taille représentent une part de plus en plus importante de la production régionale. Au total, ces élevages ont produit 191 000 veaux en 2022.

Source : EdE de Bretagne

L’Ille-et-Vilaine est de loin le premier département producteur de veaux de boucherie avec 176 élevages, suivi par les Côtes d’Armor, 115 élevages, le Morbihan, 41 élevages, puis le Finistère et ses 38 élevages.

Une réglementation bien-être à venir

Dans ce contexte morose, la future réglementation bien-être qui devrait être adoptée cette année par l’Union européenne risque de fragiliser davantage ce secteur. Les recommandations de l’Efsa, autorité européenne de sécurité des aliments, incluent l’hébergement des veaux en groupes ainsi qu’une surface plus importante par animal. Autrement dit, des investissements supplémentaires en vue pour les éleveurs et des changements de pratique.

Alors que la question de renouvellement des éleveurs est plus pressante que jamais, cette législation pourrait accélérer le déclin de cette filière qui, jusqu’à un passé pas si lointain, valorisait une majorité des veaux mâles laitiers nés en Bretagne.

Rédigé par Arnaud Haye

Chargé de mission Economie - Emploi, référent sur les filières viande bovine, porc et volailles de chair

Cet article a un commentaire

  1. CHEVRIER

    LA MULTIPLICATION DES NORMES ET RéGLEMENTATIONS FAVORISENT LE DéCLIN DE L’AGRICULTURE ;IL EST GRAND TEMPS DE DIRE NON à TOUT çA…

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