Les travailleurs étrangers : une main d’œuvre indispensable pour les IAA bretonnes
Avec 40 % des emplois industriels bretons, l’industrie agroalimentaire est un secteur majeur pour l’économie bretonne. La main d’œuvre étrangère y est particulièrement présente. Sans elle, le niveau d’activité ne pourrait pas être maintenu. Des secteurs géographiques sont particulièrement concernés.
La Bretagne est la première région française en matière d’emplois dans les IAA (industries agroalimentaires) avec 57 800 salariés en 2022. Ce secteur occupe à lui seul 40 % des emplois industriels de la région, contre 16 % au niveau national.
Bien que 1 200 établissements agroalimentaires sont implantés sur tout le territoire breton, certaines zones géographiques sont particulièrement dépendantes de ce secteur économique pour l’emploi qu’il génère. Les salariés des IAA représentent ainsi plus du quart de l’emploi total dans certaines intercommunalités, notamment dans le centre de la région Bretagne. En nombre de salariés dans les IAA, trois EPCI dominent : Loudéac Communauté – Bretagne Centre (4 375), Vitré Communauté (4 325) et Lamballe Terre et Mer (3 578).
Le poids de l’agroalimentaire sur un territoire dépend souvent de la présence d’un grand établissement, comme par exemple la Cooperl sur la communauté d’agglomération de Lamballe Terre et Mer.

Carte issue de la publication « Les industries agroalimentaires en 2022 : un secteur majeur pour l’emploi industriel breton » – Insee Analyses Bretagne, n°136, Octobre 2025, Bertin S., Jolivet S.
Les travailleurs immigrés très présents et en forte augmentation dans les IAA bretonnes
La Bretagne est la région française où la part des immigrés est la plus faible de France, avec 4,2 % en 2022 contre 10,3 % au niveau national. Mais dans un contexte de difficultés de recrutement, le recours à la main d’œuvre étrangère peut devenir une nécessité.
Les travailleurs immigrés représentent 5 % de la main d’œuvre régionale en 2022. Avec l’hébergement-restauration, la construction et l’intérim, l’agroalimentaire fait partie des activités qui recourent le plus fréquemment aux immigrés : leur part est de 7,5 % dans les IAA bretonnes. Et surtout, c’est dans les IAA que la part des travailleurs immigrés a le plus progressé en dix ans : +4,3 points contre +2,0 points tous secteurs confondus. La part des immigrés dans les IAA de la région est donc passée de 3,2 % en 2012 à 7,5 % en 2022 (contre 3,0 % à 5 % tous secteurs confondus).
Les métiers d’ouvrier peu qualifié de l’agroalimentaire et d’ouvrier qualifié de l’agroalimentaire arrivent respectivement en première et en quatrième position des métiers plus les exercés par des immigrés en Bretagne en 2022. Dans les IAA, ils sont ainsi 3 420 ouvriers non qualifiés (soit 18 % des emplois dans cette profession) et 1 300 ouvriers qualifiés (12 %).
L’activité des entreprises agroalimentaires serait grandement fragilisée sans la présence de la main d’œuvre étrangère. Un prochain article du blog Agriéco permettra de faire le parallèle avec ce qui se joue autour de cette problématique dans le secteur agricole. Cet article mettra également en avant l’action d’une coopérative bretonne visant à faciliter l’intégration et la fidélisation de ses personnels étrangers dont le rôle est vital pour l’entreprise.
Les études de l’Insee sont disponibles en ligne
- Bertin S., Jolivet S., « Les industries agroalimentaires en 2022 : un secteur majeur pour l’emploi industriel breton », Insee Analyses Bretagne, n° 136, Octobre 2025
- Cazenave M., Gallic G., Frétière K., « En Bretagne, les travailleurs immigrés sont de plus en plus présents dans l’agroalimentaire », Insee Analyses Bretagne, n° 135, Septembre 2025