ABC Analyse et Perspectives 2026

L’édition 2026 de l’ABC Analyse & Perspectives vient de paraître et tire un bilan de l’année 2025 qui vient de s’écouler pour l’ensemble des filières agricoles et agroalimentaires bretonnes. Ce document a pour ambition de permettre au lecteur de bien comprendre ce secteur clé de l’économie régionale et de se projeter pour les années à venir.

Retrouvez le webinaire

La parution de ce document a été accompagnée d’un webinaire, qui a eu lieu le 12 mai 2026. Retrouvez ci-dessous le replay du webinaire :

Les filières d’élevage au beau fixe en 2025

Globalement, les filières d’élevages ont connu une bonne conjoncture sur l’ensemble de l’année 2025. La productivité a été au rendez-vous, en témoigne la collecte laitière régionale qui atteint un niveau historique avec 5,46 milliards de litres de lait. Les abattages de volailles de chair ont aussi augmenté, la production ayant été relativement épargnée par l’influenza aviaire.

En bovins, 2025 est une année record, que ce soit en lait (496 €/1 000 litres toutes primes et qualités prises en compte) ou sur les cotations de viande bovine, jusqu’à +33 % en moyenne sur l’année pour la cotation de la vache P= comparé à 2024 ! En œuf aussi la cotation atteint des niveaux historiques, avec une croissance de 32 % sur l’œuf calibré moyen par rapport à 2024.

Les filières végétales en difficulté

Cette relative bonne tenue des filières animales tranche avec les nombreuses difficultés rencontrées par les filières végétales. La crise conjoncturelle du chou-fleur en est une parfaite illustration. En effet, fin 2025 et en janvier 2026, les températures douces ont entrainé à la fois une croissance précoce des chou-fleur, et une consommation en berne, débouchant sur une situation de surproduction conjoncturelle. Le chiffre d’affaire de la filière sur cette période est en recul de 34 % ! Quant aux grandes cultures, elles souffrent d’une manque de rentabilité, entre prix faibles et un coût de l’engrais en hausse dès le 2nd semestre 2025, en raison de l’anticipation de la mise en œuvre du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF).

Un tableau qui s’assombrit en 2026

Le coût des engrais pourrait continuer d’augmenter à cause d’un évènement qui marque ce début d’année 2026 : le conflit au Moyen-Orient. Celui-ci a, en effet, des répercussions sur le prix de l’énergie (le pétrole et le GNR dans un premier temps, possiblement le gaz dans un second temps) et sur le coût des engrais, le Moyen-Orient étant un producteur important d’urée. Les filières végétales pourraient ainsi se retrouver d’autant plus en difficulté avec cette hausse des coûts, le prix des grandes cultures étant toujours à un niveau faible pour le 1er semestre 2026 en raison d’une offre mondiale toujours abondante et des stocks élevés. Les filières animales ne sont pas épargnées par cette inflation des charges.

Le cours de l’urée a augmenté de 44 % en trois mois – source : tradingeconomics.com

Cap sur la souveraineté

Ce conflit repose d’autant plus la question de la souveraineté de la France, que ça soit au niveau des intrants ou au niveau de la production agricole. Cette thématique fait actuellement l’objet de Conférences qui aboutiront sur l’établissement d’objectifs de production nationaux et régionaux afin de reconquérir la souveraineté alimentaire française. En Bretagne, un ensemble de leviers d’action transversaux ont par ailleurs été définis, tels qu’affirmer la cohérence des systèmes polyculture-élevage à l’échelle territoriale, le soutien à l’installation ou encore la simplification réglementaire.