Innovations agroalimentaires : l’approvisionnement comme contrainte
Le CFIA, qui s’est tenu en mars 2026 à Rennes, permet de prendre le pouls d’une industrie agroalimentaire à la recherche d’innovations pour rester à la page.
Depuis plusieurs années, l’industrie agroalimentaire est régulièrement questionnée. La polémique autour du retrait des recommandations sur les « aliments ultra-transformés » de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat en est une illustration récente. Les entreprises de ce secteur doivent donc explorer de nouvelles voies pour continuer à proposer des produits répondant aux attentes des consommateurs. Parmi les tendances structurantes de cette édition, la recherche d’ingrédients alternatifs retient l’attention.
« Nous vivons la fin de l’abondance »
Cette formule pourrait résumer l’état d’esprit dans lequel se font une partie des efforts de recherche et développement de l’industrie agroalimentaire. Dans de nombreuses filières, le manque – avéré ou à venir – de matières premières et la hausse de leur coût incitent à rechercher des alternatives présentant des aptitudes technologiques équivalentes.
Mis sur le devant de la scène en raison des pénuries en magasin, l’œuf fait notamment l’objet d’une grande diversité de propositions de substitution :

L’entreprise Yumgo (Seine-et-Marne) a par exemple fait de « L’œuf sans poule » sa marque de fabrique. À l’occasion du salon, elle met en avant une omelette végétale sous forme de poudre à base notamment de protéine de haricot et de farine de riz. Elle propose également une meringue végétale avec un foisonnement 1,6 fois supérieur à celui obtenu avec l’œuf, à base de protéine de pomme de terre et de pois.
Maltivor (Lyon) propose des farines de drêche de brasserie. Leur Wonder’powder promet ainsi de remplacer une partie de l’œuf dans les préparations de pâtisserie.


Ingood, la division ingrédient d’Olga (35), propose une poudre de lentilles vertes fermentées qui peut venir en substitution complète de l’œuf dans les recettes de pâtisseries et de sauces. L’entreprise met en avant la simplicité de sa recette face aux formulations plus complexes de ses concurrents.
Sécuriser les approvisionnements
Outre la possibilité de fabriquer des produits vegan, ces entreprises mettent en avant d’autres arguments de poids pour les industriels :
- sécurisation de l’approvisionnement face aux pénuries
- réduction du coût (Ingood promet une économie de 30 % par rapport à la moyenne du prix de l’œuf en 2024)
- des indices nutritionnels et environnementaux améliorés.
Déjà fortement concurrencé par les importations, en particulier pour les ovoproduits, l’œuf français va donc devoir de plus en plus affronter des substituts produits en France qui gagnent en crédibilité. Par ailleurs, l’adoption de substituts aux œufs par les consommateurs n’est aujourd’hui pas massif, mais les pénuries en magasins pourraient contribuer à créer des brèches dans les pratiques de consommation.
Autres innovations aperçues au CFIA 2026 :


(AB Technologies, Sulniac, 56)






