Note d’Actualités agricoles bretonnes de Février 2026
En ce début d’année, pour vous mettre au courant de l’actualité des filières agricole, le service économie – emploi de la Chambre d’agriculture de Bretagne publie la Note d’actualité où sont abordées les filières et thématiques suivantes.
Cliquez ici pour lire la Note d’Actualités de février 2026 dont voici un résumé par thématique ci-dessous
Filière lait
Au 2nd semestre 2025, la collecte laitière bretonne poursuit sur sa belle dynamique du printemps. En novembre, elle est en hausse annuelle de 5,5 %, et la croissance sur l’ensemble de l’année devrait être de 3,5 %. Le prix est, lui aussi, bien orienté, avec un record en octobre. Cependant, le prix perd environ 40 €/1 000 litres en trois mois et la baisse devrait se poursuivre en 2026 en raison d’une trop grande offre sur les marchés. Couplé aux effets de la FCO, ce renversement de conjoncture pourrait fragiliser certains élevages.
Filière porc
Le prix du porc s’est dégradé depuis cet été à cause de la hausse des abattages européens, du conflit commercial avec la Chine et, depuis la fin 2025, des cas de fièvre porcine africaine détectés en Espagne. Les prix de vente sont désormais sous les coûts de production. Les abattages bretons sont demeurés stables en 2025.
Filière volailles de chair
Les abattages bretons et français augmentent pour répondre à la hausse de la consommation. Les contingents d’importation établis par les accords avec le Mercosur et l’Ukraine risquent de concurrencer les débouchés bretons en RHD et produits élaborés. Le secteur de la volaille réagit avec des objectifs de développement de la production en France.
Filière œufs
Les cotations des œufs se maintiennent à des niveaux élevés en raison d’une offre insuffisante pour répondre à une demande dynamique quel que soit le code des œufs. Le déficit français s’amplifie en raison d’une forte hausse des importations.
Filière viande bovine
Les cotations continuent de battre des records du fait du manque d’offre dans l’ensemble de l’Union européenne. La FCO et désormais la DNC risquent d’amplifier ce phénomène. Par ailleurs, la ratification de l’accord UE-Mercosur entraînera l’ouverture d’un contingent supplémentaire de 99 000 tonnes de viande bovine
Filière légumes frais
La campagne de légumes de plein champ a été très compliquée en fin d’année 2025 avec la douceur des températures qui a favorisé la pousse (principalement en chou-fleur et courges) mais pas la consommation de légumes d’hiver. Le prix de l’échalote traditionnelle est bas. Une embellie est constatée pour les achats des ménages mais elle ne concerne pas les légumes bios.
Filière légumes destinés à la transformation
Compte tenu de la baisse des surfaces semées en 2025 et de rendements en recul en haricots et flageolets, les volumes de production ont chuté en 2025, principalement en flageolets. Les achats des ménages de légumes surgelés restent dynamiques alors qu’ils reculent en pommes de terre transformées et sont stables en conserves.
Alimentation animale
Les volumes d’aliments fabriqués en Bretagne sont en légère baisse, les aliments monogastriques diminuent tandis que l’aliment bovin augmente. Les prix des matières premières sont descendus du pic atteint en 2022-2023. Pour autant, les faibles marges du secteur limitent les capacités d’investissement. Le règlement déforestation importée est à nouveau reporté d’un an.
Filière grandes cultures
Après une année 2024 catastrophique, les rendements 2025 sont très bons en céréales et colza, et moyens en maïs. Les prix sont en berne car l’offre mondiale est abondante ; l’équilibre économique est à peine atteint pour les exploitations. La Commission européenne devrait annuler les surcoûts de la taxe carbone aux frontières (MACF) pour les engrais.
Industries agroalimentaires
Le secteur agroalimentaire est en plein marasme et affiche un niveau de production qui ne cesse de baisser. Malmené par les négociations commerciales, sous le feu des critiques sur le sujet de l’ultra-transformation et confronté à de nombreuses défaillances d’entreprises, le secteur alerte sur la dégradation de ses indicateurs économiques.
Emploi agricole et agroalimentaire
En agriculture, les tendances se poursuivent avec une diminution de l’emploi non salarié et une progression du salariat. En 2025, l’installation aidée retrouve son niveau autour de 480 installations aidées après deux années moins fournies en installations. Dans les IAA, l’emploi salarié est toujours en progression depuis le 4e trimestre 2024 ; à l’inverse, l’intérim tend à diminuer depuis début 2023. Tous secteurs confondus, le marché du travail en Bretagne continue de montrer des signes d’essoufflement avec un nombre de salariés en baisse au 3e trimestre (-0,2 %) et un taux de chômage qui reprend 0,1 point sur un trimestre.
Commerce extérieur et accords commerciaux
Le commerce agricole et agroalimentaire breton se maintient dans un contexte international mouvant. La situation commerciale avec la Chine s’éclaircit pour le porc et les produits laitiers. Celui avec les Etats-Unis se ravive même si notre région est peu exposée. Enfin, l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur a été ratifié en début d’année.
Consommation-distribution
L’inflation a fait son retour dans les rayons en 2025. En protéines animales, les consommateurs continuent donc de modifier leurs actes d’achat et se ruent notamment vers les œufs, protéine accessible. Au sein de la distribution, pendant que les spécialisés bio reprennent des forces, la bataille fait rage entre leaders de la grande distribution.
Politiques publiques et éléments d’actualités
En juillet 2025, la Commission européenne a présenté ses propositions pour le budget de l’UE pour 2028-2034 et la Pac post-2027, marquées par une baisse des crédits agricoles et une intégration de la Pac dans des plans de partenariat national et régional. Ces orientations renforcent le poids des arbitrages nationaux et posent la question du maintien du caractère réellement commun de la PAC.
La campagne MAEC 2026 sera marquée en Bretagne par la mise en œuvre d’un PAEC régional confié à la CAB, dans un contexte budgétaire fortement contraint, et des contrats qui passeront de cinq à trois ans.