Les enseignements de l’enquête sur la consommation bio en Bretagne
Après plusieurs années de baisse en contexte d’inflation, la part du bio dans le panier des Français se stabilise à 5,7 % en 2024. Et celui des Bretons ? Interbio Bretagne, réseau interprofessionnel des acteurs bretons du bio, a réalisé la première édition d’un observatoire régional dans l’objectif de saisir les dynamiques et perspectives des opérateurs et surtout des consommateurs de produits issus de l’agriculture biologique.
Les opérateurs du bio en Bretagne reprennent des couleurs
Avec la reprise de la consommation, les transformateurs et distributeurs de bio voient leur chiffre d’affaires remonter et affichent des perspectives de croissance.
Côté distributeurs, au niveau national la part de marchés des GMS dans les ventes de produits bio passe sous les 50 %, avec la montée en puissance des circuits courts et surtout des magasins spécialisés (+6,2 % sur un an au premier semestre 2025, vs +1,4 % pour GMS). La Bretagne est la 2ème région en nombre de magasins bio par habitant, mais aussi la région qui consomme le plus de bio en grande distribution.

Source : Agence bio et AND International
Qui sont les consommateurs bio en Bretagne ?
D’après l’étude Interbio Bretagne basée sur un panel de 802 Bretons, la région a en proportion davantage de consommateurs bio que la France. 72 % des Bretons consomment du bio au moins une fois par mois (54 % en France en 2024 d’après l’Agence Bio) et 55,6 % au moins une fois par semaine (France : 30 %). 29 % des répondants ont augmenté leur consommation dans les douze derniers mois. Seulement 15 % l’ont diminuée.
Fréquence de consommation de produits bio en Bretagne

Source : Interbio Bretagne, 2025
Plus que le revenu, le niveau de diplôme est le facteur le plus déterminant de la consommation bio, en particulier quotidienne. Mais les plus aisés y accordent une plus grande part de leurs achats. Un quart des consommateurs le sont depuis au moins dix ans, et ce sont ceux qui y accordent la plus grande part de leurs achats (+ de 40 %).

Source : Interbio Bretagne, 2025
Plus surprenant, l’étude nous apprend que beaucoup de néo-consommateurs sont arrivés … pendant la crise du bio, avec 51 % des consommateurs bio qui le sont depuis moins de cinq ans. Ce qui témoigne chez une partie des consommateurs d’un acte de soutien à la filière en crise ou bien encore des préoccupations environnement et santé. Cela dit, le bio garde une place minoritaire parmi les achats de ces néo-consommateurs.
Les motivations de la consommation … et de la non-consommation
Parmi les raisons invoquées de consommer plus de bio, la santé arrive en premier, suivie du goût et de la qualité, puis seulement l’environnement. Si le label bio suscite globalement la confiance (87 % de confiance pour le label AB), la défiance envers le bio continue d’exister : 76 % des non-consommateurs doutent que les produits soient réellement bio.
Mais la raison principale de la non-consommation reste le prix jugé plus élevé du bio. Interbio relève des perceptions erronées très répandues sur les prix du bio, alors que l’inflation a été moins forte sur ces produits (moins dépendants des énergies fossiles), dont les prix se sont rapprochés de ceux du conventionnel. Ce qui ouvre une réflexion sur la communication autour de l’accessibilité et du vrai prix du bio.
Parmi les facteurs qui pourraient convaincre d’acheter plus de bio, outre le prix sont évoqués la transparence sur les labels et l’origine, et une présence plus importante dans les lieux d’achat. Les Bretons souhaitent voir plus de bio dans les restaurants et en snacking.
Une alimentation locale, motivation principale des consommateurs bretons
Comparé à la consommation moyenne nationale, les Bretons consomment davantage d’œufs et produits laitiers bio, soit des productions majeures du territoire. On peut en déduire que la propension à consommer bio dépend aussi de l’origine locale du produit. Il ressort aussi que le local a moins souffert de l’inflation que le bio ; le label produit en Bretagne notamment a la cote avec 86 % de confiance. Une nouvelle preuve s’il en fallait que les Bretons sont attachés à leur région.
Cette enquête d’Interbio Bretagne peut inspirer de nouveaux axes de communication pour promouvoir le bio, en insistant sur l’association entre bio et local, sur le prix réel du bio et son accessibilité, aussi bien économique que pratique.