Plus de 3 700 chefs d’entreprise bretons, dont 504 agriculteurs, ont participé à cette enquête de conjoncture réalisée du 2 au 11 juin 2026. Cette forte mobilisation permet de disposer d’un échantillon représentatif des principaux territoires et filières agricoles bretons, offrant ainsi une lecture robuste de la conjoncture économique et du moral des exploitants.
Un secteur agricole plus exposé
L’enquête interroge les dirigeants bretons sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur leur activité. Les résultats mettent en évidence une sensibilité accrue du secteur agricole : 76 % des répondants du secteur agricole déclarent être fortement ou très fortement affectés, contre 56 % dans les autres secteurs d’activité.
Ainsi le secteur connait une dégradation plus marquée des indicateurs économiques. Au premier semestre 2026, deux exploitations sur trois font état d’un recul de leur chiffre d’affaires, contre une entreprise sur deux dans les autres secteurs. La rentabilité est également fortement dégradée. En effet, plus de 70 % des exploitants signalent une baisse de leur rentabilité, un niveau inédit depuis le lancement de ce baromètre.

Des exploitations fragilisées
Les tensions portent avant tout sur les charges d’exploitation. La hausse des coûts de l’énergie constitue le principal facteur de fragilisation, cité par plus de 90 % des répondants en agriculture. Elle est suivie par l’augmentation des prix des intrants et des fournisseurs, mentionnée par plus de 86 % des exploitants.
Dans ce contexte, les tensions de trésorerie apparaissent plus prononcées que dans les autres secteurs économiques. Plus de 60 % des agriculteurs déclarent une dégradation de leur trésorerie, contre 40 % pour l’ensemble des autres entreprises bretonnes.

Vers un ralentissement de l’activité ?
Plus fragilisé sur la trésorerie que les autres secteurs, le secteur agricole privilégie le report ou l’annulation des investissements pour 64 % des répondants. Ils ne sont que 43 % à le faire dans les autres secteurs d’activité. En deuxième lieu, les agriculteurs adoptent une stratégie d’optimisation interne et de réduction des coûts, stratégie qui est aussi développée dans les autres secteurs. En revanche, les agriculteurs sont bien plus nombreux à ouvrir une ligne de crédit (34 % contre 9 % dans les autres secteurs). Au contraire, ils sont peu nombreux à pouvoir répercuter les hausses des coûts sur les prix de vente (6 %) alors que c’est un levier d’action plus courant dans les autres secteurs (46 %).
Cette baisse d’activité se retrouve dans les perspectives d’évolution des investissements et des effectifs. Plus de la moitié des répondants envisagent de diminuer leurs investissements. Aucune filière ne se détache positivement. Le repli de l’activité sera donc généralisé à l’ensemble de l’agriculture bretonne et pourrait entraîner des conséquences en termes d’emploi et d’activité pour les acteurs de l’amont et de l’aval. Par ailleurs, près d’un quart des répondants projettent une diminution des effectifs sur leur exploitation.

Baromètre de conjoncture économique de Bretagne, Coceb
Retrouvez ici le Baromètre de l’économie agricole – 1er semestre 2026
Auteur>
Docteur en économie de l'agroenvironnement. Breton d'adoption. Je mets mes compétences en analyse économique au service de la filière laitière bretonne. Je suis aussi le M. Diffusion de l'équipe.