Le troupeau allaitant breton a perdu le quart de ses effectifs en dix ans. Malgré la bonne conjoncture de ces dernières années, l’érosion du cheptel ne donne pas de signe de ralentissement et touche encore plus fortement les zones les plus denses et les ateliers les plus conséquents.
Les bovins allaitants s’effacent progressivement du paysage breton. En janvier 2026, la région comptait 87 000 vaches allaitantes. Il y a dix ans, ce chiffre était de 114 000. Un quart du cheptel a donc disparu en une décennie, de manière continue comme le graphique ci-dessous le montre. Aucune inflexion de la tendance ne semble poindre malgré la bonne conjoncture de ces quatre dernières années.

Le centre Bretagne particulièrement touché
La carte ci-dessous montre que le cheptel allaitant est plus concentré en centre Bretagne. Il est aussi relativement dense à l’est de la région.

La carte montrant l’évolution des effectifs entre 2016 et 2025 fait ressortir que cette région du centre Bretagne connait un recul important de son cheptel allaitant, de nombreuses communes voyant le nombre de leurs vaches baisser de plus de 25 % en dix ans. Contrairement à ce que l’on a pu observer par le passé pour d’autres productions agricoles, la zone la plus dense résiste ici moins bien à la déprise que d’autres territoires comptant moins de bovins à viande.

On constate ainsi que de nombreuses communes proches du littoral ont vu leurs effectifs de vaches allaitantes s’accroître ces dernières années.
Les chiffres de l’ITAé montrent par ailleurs que la Bretagne continue à avoir des races variées sur son territoire.

La Limousine conserve sa première place au classement. A la deuxième place, la Blonde d’Aquitaine a détrôné la Charolaise qui a vu ses effectifs fondre de 38 %. Les croisées ont aussi moins la cote qu’avant. Enfin, on observe le développement de certaines races jusqu’alors anecdotiques dans notre région, telles que la Parthenaise et l’Angus.
Les gros ateliers en première ligne
La filière bretonne est caractérisée par des tailles de cheptel très variables. La taille moyenne est de 18 vaches allaitantes par troupeau. Ce chiffre est faible car plus de la moitié des détenteurs possèdent moins de dix vaches. Environ un tiers des vaches sont élevées dans des troupeaux en comptant entre 10 et 40. Ce sont alors majoritairement des ateliers secondaires. Enfin, un peu plus de la moitié des vaches appartiennent à des élevages en comptant plus de 40.

Les graphiques ci-dessus montrent que ce sont les cheptels les plus grands qui connaissent l’érosion la plus forte de leurs effectifs entre 2020 et 2025 : -19 % pour ceux comptant plus de 100 vaches, -18 % pour ceux rassemblant entre 40 et 100 vaches et -16 % entre 10 et 40 vaches. A l’inverse, les petits troupeaux de moins de 10 vaches sont en croissance.
Ces constats ne sont donc pas encourageants pour le cheptel allaitant breton. D’autant que le contexte de marché est particulièrement porteur et que la poursuite de la décapitalisation devrait continuer de soutenir les cotations à moyen terme. La production bretonne de viande bovine repose donc de plus en plus sur son cheptel laitier.
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